L’évêque Ioan Casian appelle à la responsabilité et au témoignage
lors du Dimanche des Femmes Myrophores
Le Dimanche des Femmes Myrophores, Sa Grace Ioan Casian, évêque orthodoxe roumain du Canada, a célébré à la Cathédrale épiscopale Saint Grand Martyr Georges et Saints Épictète et Astion à Saint-Hubert, Québec, Canada. Ont concélébré avec lui le père Mircea Panciuk, le père Adrian Manea, le père Marius Constantin Popa et le diacre Valenti Boțu.
À la fin de la Divine Liturgie, avant le sermon, des membres choisis du nouveau Conseil paroissial présents ont prêté serment, assumant la responsabilité de leur service devant le Christ et l’Église, l’évêque et la communauté. Ce moment a donné un sens concret aux paroles qui ont suivi dans la prédication de l’évêque, reliant l’enseignement de l’Église à la vie de la communauté.
Au début de son allocution, l’hiérarque a souligné la double signification de ce dimanche : « L’Église célèbre le Dimanche des Femmes Myrophores (…) et pour nous, roumains, ce dimanche revêt une signification particulière, puisqu’à partir de cette année, il a également été institué comme la fête de la Synaxe des Saintes Femmes Roumaines. » Cette nouvelle fête met en lumière « les seize femmes récemment canonisées », ainsi que, plus largement, « toutes les femmes croyantes qui, au fil du temps, ont souffert et confessé la foi ».
S’appuyant sur les lectures du jour, l’évêque a d’abord mis en évidence l’enseignement tiré des Actes des Apôtres, en montrant que le service dans l’Église n’est pas une initiative individuelle, mais un appel: «personne ne s’attribue un ministère de lui-même, mais il est appelé et établi par Dieu à travers l’Église». Confrontés au risque de perdre de vue l’essentiel de l’annonce de la Parole de Dieu, les Apôtres ont ordonné les sept diacres afin de demeurer fidèles à leur vocation de « persévérer dans la prière et dans le ministère de la Parole ».
Cet ordre n’est pas seulement organisationnel, mais profondément spirituel : « lorsque les préoccupations secondaires deviennent dominantes, l’essentiel risque de se perdre ». Ce message a trouvé une résonance particulière dans le contexte du serment du Conseil paroissial, comme un rappel de la responsabilité de chacun dans la vie de l’Église.
Dans la deuxième partie de sa prédication, l’évêque a mis en lumière le témoignage des Femmes Myrophores, soulignant leur courage et leur foi : « Elles sont les premières à aller au tombeau… les premières à recevoir la nouvelle de la Résurrection ». Les paroles de l’ange — « N’ayez pas peur… Il est ressuscité, Il n’est pas ici » — deviennent le fondement de ce témoignage.
De plus, les femmes reçoivent une mission unique : les paroles « Allez dire à ses disciples » font d’elles, comme l’a souligné l’évêque, des « apôtres pour les apôtres », les premières annonciatrices de la Résurrection. Dans un monde où leur témoignage était souvent ignoré, leur foi et leur obéissance prennent une force encore plus grande, montrant que la vérité de la Résurrection n’est pas symbolique, mais « un événement réel, survenu dans l’histoire ».
Le lien avec le Dimanche du Saint Apôtre Thomas a également été souligné : « si l’Apôtre Thomas confesse grâce à la vue et au toucher du Christ ressuscité, les Femmes Myrophores proclament par la foi et l’obéissance, sur la base des paroles de l’ange et de la découverte du tombeau vide, complétant ainsi le témoignage de la foi pascale ».
Dans ce contexte, la fête de la Synaxe des Saintes Femmes Roumaines apparaît comme une continuation vivante de ce témoignage : « leurs vies sont des exemples vivants de foi, de patience et de sacrifice ». Leur diversité — des épouses de souverains aux moniales, des mères de famille aux confesseurs dans les prisons communistes — montre que « la sainteté n’est pas liée à un statut social particulier, mais à la fidélité envers Dieu ».
Dans un monde marqué par des défis et des confusions, ces modèles deviennent des repères : « nous sommes appelés à connaître leurs vies, à suivre leur exemple et à affermir notre foi, afin de pouvoir, à notre tour, témoigner du Christ dans la société d’aujourd’hui ».
Après la célébration, tous les participants ont été invités à un repas traditionnel organisé en l’honneur de Saint Georges, protecteur de la cathédrale, préparé par le Conseil paroissial et les femmes activement impliquées dans la vie de la communauté — un moment qui a prolongé naturellement la joie de la communion liturgique.
Dans ce contexte, Sa Grace l’évêque Ioan Casian a également rappelé un projet important de la communauté : la rénovation du sous-sol de la cathédrale et sa transformation en Centre multifonctionnel « Diaconia », un espace dédié aux rencontres, à la formation et aux activités sociales et culturelles. Il accueillera des initiatives destinées aux enfants, aux jeunes et aux adultes, ainsi que les activités de l’AROLA et de l’école du dimanche, devenant un point vivant de la vie paroissiale.
La journée s’est achevée sous le signe d’un double appel: à la responsabilité et au témoignage. Comme l’a souligné l’évêque, en suivant l’exemple des Femmes Myrophores et des saintes femmes de notre histoire, « chaque croyant est appelé à transformer la foi en vie, devenant un témoin vivant de la Résurrection du Christ dans le monde ».
(notes par Moniale Ana Bulgariu)








